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Rencontre avec l’écrivain Charles Juliet

lundi 16 avril 2012 par Amélie Jeammet

’’On ne calcule pas les heures de travail quand on est écrivain’’. Et Charles Juliet n’a compté ni son temps ni son investissement pour nous faire partager son savoir de façon claire et précise, avec disponibilité et simplicité.

Venu de Lyon, il a consacré du temps pour répondre à nos questions et éclaircir certains points concernant ses Å“uvres et par exemple sa définition du métier d’écrivain. Pour l’exprimer, il fait appel à un auteur autrichien : ’’Un écrivain, c’est quelqu’un pour qui écrire est plus dur que pour n’importe qui d’autre’’. Cette citation illustre bien le perfectionnisme de Charles Juliet, qui assure réécrire et améliorer ses manuscrits jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à corriger. Cela leur donne peut-être leur style si particulier et unique qui lui vaut maintenant une place bien à lui dans la littérature et la reconnaissance de ses nombreux lecteurs. L’auteur paraît réfléchir quand nous lui demandons ce qu’est pour lui un bon livre. Il nous répond que pour lui, ce doit être un livre bien écrit et qui apprend des choses vraies sur la vie et nous-mêmes. Le récit doit nous amener à découvrir des ’’régions inexplorées et des choses intimes sur vous-mêmes’’. Il doit avoir une ’’valeur universelle’’ et passer les frontières. Il nous a restitué en quelques mots la difficulté d’exprimer ses sentiments avec des mots, qui paraissent si insignifiants à côté de ce ’’magma interne’’ que sont les émotions intenses quand elles se mêlent. Écrire, c’est pour lui une manière de ’’calmer, dominer, comprendre, transvaser dans des mots’’ tout ce qu’il ressent. Il l’a par exemple fait dans L’Année de l’Éveil, en essayant d’être objectif et de ne pas se laisser aveugler par son ressenti. Devant la difficulté de l’écriture, il nous rassuré et a insisté sur la nécessité de ne pas nous décourager, nous y arriverons à force de travail. ’’Pour former un écrivain, il faut 30 ans’’ nous a-t-il confié. Pour en reconnaître un de talent, il nous a seulement fallu lire deux de ses oeuvres. Et pour se le voir confirmer, une visite.

Suite à nos questions, M. Juliet nous a parlé également de l’art abstrait, qui nous étonnait et nous laissait parfois perplexe. Ami de Bram Von Velde, célèbre peintre abstrait, il reconnaît avoir dû apprivoiser et connaître ce type de travail. ’’Il faut apprendre à les regarder’’ nous a-t-il rappelé. Cézanne, que l’auteur apprécie et qui a été le sujet de plusieurs de ses Å“uvres comme Shitao et Cézanne ou Cézanne, un grand vivant, a été le précurseur de ce genre d’art. Tout comme Von Velde, il cherchait à représenter les émotions, son monde intérieur grâce aux formes. En effet, ’’Il était obligé que l’art abstrait survienne, on ne peut pas toujours répéter ce qui a été fait. Créer, c’est défricher’’.

Charles Juliet nous a aussi parlé des réactions de certains lecteurs à la lecture de son oeuvre qui est l’une des plus connues, Lambeaux. Ce roman est conçu comme une lettre à sa mère naturelle, passionnée par l’écriture et décédée dans un hôpital psychiatrique. Elle y avait été placée pour une dépression puis y était morte de faim suite aux ordres des Nazis. Il s’adresse aussi à l’enfant qu’il était, qui n’a donc jamais connu sa mère biologique car a découvert à l’occasion de son enterrement son statut d’enfant adopté. Ce récit ne laisse personne indifférent. Certaines personnes se sont même reconnues dans ce livre, même si elles n’avaient pas été adoptées. C’est à mon avis la plus belle des récompenses pour un écrivain de savoir que son Å“uvre provoque des émotions profondes à des personnes différentes. On peut donc affirmer sans prétention que ces livres sont universels.

Avant la séance de dédicaces, M. Juliet nous a lu d’une manière touchante et pudique à la fois un poème qu’il a écrit, ’’Le Lait de ta Mélancolie’’ sur sa mère naturelle. ’’L’Art est un combat contre le temps’’, a mentionné l’auteur. Et aujourd’hui comme demain, les émotions que donnent les phrases, les mots et même les silences de Charles Juliet seront identiques à celles d’hier.

Flore-Anne Pineau, élève de 2°7


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